Aucune méthode universelle ne fait consensus pour établir le poids idéal d’une personne mesurant 1m70. Les formules varient selon les époques, les critères médicaux et les standards culturels. L’IMC, plébiscité par les institutions de santé, présente pourtant des limites reconnues, notamment face à la diversité des morphologies.
Des alternatives comme la formule de Lorentz ou la méthode de Creff prennent en compte l’âge, le sexe ou la corpulence. Ces approches, parfois contradictoires, coexistent dans les recommandations actuelles, compliquant la recherche d’un repère fiable. Les outils de calcul en ligne reflètent cette pluralité et proposent des estimations adaptées à différents profils.
Pourquoi le poids idéal varie selon chaque personne
Les mots poids idéal, poids de forme ou morphologie désignent des réalités bien différentes selon les individus. Il serait simpliste de croire qu’un chiffre résume à lui seul ce qui devrait s’appliquer à tous. Pour un même 1m70, les besoins et les équilibres varient : l’âge, le sexe, le niveau d’activité, mais aussi les profils hormonaux ou le vécu physiologique dessinent des trajectoires uniques.
Le poids de forme correspond à cet équilibre personnel où l’on se sent en forme, sans ressentir de privation ni inconfort. Ce repère évolue au fil du temps : avec l’avancée en âge, la masse musculaire tend à diminuer, la silhouette se transforme, et chez les femmes, des phases de la vie comme la grossesse ou la ménopause modifient la donne. Ajoutons à cela la morphologie : minceur naturelle, musculature développée, ossature plus ou moins large. Le métabolisme, lui aussi, joue sa partition : certains brûlent plus d’énergie au repos, d’autres moins. Un sportif affiche souvent un poids supérieur aux standards théoriques, en raison d’une masse musculaire prononcée, sans pour autant s’éloigner de la santé.
Voici les repères principaux qui permettent de mieux appréhender les facteurs qui entrent en jeu :
- Alimentation équilibrée et activité physique régulière restent les piliers du maintien du poids de forme.
- Les besoins évoluent avec l’âge, le sexe, mais aussi le contexte de vie.
La quête du poids idéal pour 1m70 demande donc une évaluation sur-mesure, qui tient compte du profil de chacun et des évolutions tout au long de la vie.
IMC : un repère simple pour estimer son poids santé à 1m70
L’indice de masse corporelle (IMC) reste le mode de calcul le plus répandu pour évaluer sa corpulence à 1m70. Sa formule, poids (kg) / taille (mètre) au carré, s’applique partout, permettant à chacun de se situer sur une grille de référence. Prenons un exemple : une personne de 65 kg pour 1m70 atteint un IMC de 22,5.
L’Organisation mondiale de la santé a défini des seuils pour interpréter cet indice. En dessous de 18,5, on parle d’insuffisance pondérale ; entre 18,5 et 24,9, la corpulence est considérée comme « normale » ; de 25 à 29,9, c’est le territoire du surpoids. Au-delà de 30, on entre dans les catégories d’obésité, avec différents niveaux de sévérité.
Pour mieux comprendre ces catégories, voici une synthèse claire :
- IMC inférieur à 18,5 : maigreur
- IMC de 18,5 à 24,9 : corpulence normale
- IMC de 25 à 29,9 : surpoids
- IMC de 30 à 34,9 : obésité modérée
- IMC de 35 à 39,9 : obésité sévère
- IMC supérieur à 40 : obésité morbide
En France, l’IMC moyen des adultes atteignait 25,8 kg/m² en 2015, avec 17 % d’obésité. Cet indicateur, validé internationalement, permet de comparer les populations mais ne remplace pas un examen clinique individualisé. Il ignore la part faite au muscle ou à la distribution des graisses, ce qui peut fausser l’analyse chez certains profils.
Quelles formules existent pour affiner le calcul du poids idéal ?
L’IMC donne un cadrage global, mais plusieurs formules historiques cherchent à affiner la notion de poids idéal. Chacune a été pensée dans un contexte particulier et propose sa propre logique.
La formule de Broca, datant du XIXe siècle, affiche une simplicité déconcertante : taille en centimètres moins 100. Pour 1m70, cela donne 70 kg, sans tenir compte du sexe ni des particularités physiques.
La formule de Lorentz introduit un ajustement : poids idéal (kg) = taille (cm) – 100 – [(taille (cm) – 150)/2]. Pour 1m70, on arrive à environ 65 kg. Cette approche, moins généreuse, a longtemps été préférée pour les femmes. Elle se fonde toujours sur la taille, ce qui limite sa justesse pour des morphologies atypiques.
La formule de Creff va plus loin en intégrant le type de corpulence : fine, normale ou large. Par exemple : taille (cm) – 100 + [(âge/10) × 0,9] × morphotype (0,9 pour une personne mince, 1 pour une moyenne, 1,1 pour une ossature large). D’autres, comme celles de Monnerot-Dumaine ou de Bornhardt, tiennent compte du tour de poignet et d’autres mesures. Ces formules témoignent de la diversité des critères utilisés selon les époques ou les écoles.
S’il n’existe pas de méthode unique, ces différents calculs offrent des repères complémentaires pour mieux cerner son poids idéal, en intégrant l’âge et la morphologie.
Outils en ligne et conseils pour mieux se situer
Pour s’y retrouver parmi ces formules et indicateurs, les outils en ligne facilitent la tâche. Simulateurs d’IMC, calculateurs selon Lorentz ou Creff : il suffit de renseigner sa taille, son poids, parfois son âge ou sa morphologie, et l’on obtient une estimation instantanée. Ce type d’outil permet de comparer les résultats, de mieux comprendre les écarts entre méthodes et, parfois, d’affiner sa propre perception.
Pour compléter ces évaluations, l’impédancemétrie apporte des données concrètes sur la composition corporelle : masse grasse, masse maigre, taux d’hydratation. Disponible en pharmacie ou chez le médecin, cet examen va plus loin que l’IMC, qui ne fait pas de distinction entre muscle et graisse. La mesure du tour de taille apporte également une information précieuse : un tour de taille élevé signale un risque cardiovasculaire ou métabolique accru, même si l’IMC reste dans la norme.
Voici les méthodes complémentaires à retenir pour une évaluation plus précise :
- IMC pour une estimation rapide de la corpulence.
- Impédancemétrie pour analyser la masse grasse et la masse maigre.
- Tour de taille pour anticiper les risques métaboliques.
Au final, la question du poids idéal ne peut se limiter à une suite de chiffres. Préserver sa santé suppose d’adapter son alimentation, de bouger suffisamment, et de savoir consulter un professionnel en cas de doute ou d’écart inhabituel. Les moyennes ne racontent jamais toute l’histoire : seul un suivi individualisé, tenant compte de l’histoire médicale et du mode de vie, éclaire vraiment la notion de poids “idéal”.
Personne n’est réduit à un chiffre. Se situer, c’est aussi apprendre à écouter son corps, à décrypter ses besoins réels, et à refuser les standards figés. Ce qui compte, c’est d’être aligné avec soi-même, bien dans sa peau et dans sa santé, quelle que soit la formule retenue.


